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FNPL : pas d’état de grâce pour le prochain gouvernement

Aurélien Teneze
Le 12/05/2017 à 14:36 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
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FNPL : pas d’état de grâce pour le prochain gouvernement

Tribune de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL.

Pas d’état de grâce pour le prochain gouvernement : les éleveurs laitiers, eux, sont en état de crise depuis 850 jours !

Le premier gouvernement du président Macron va être formé la semaine prochaine. J’espère que sa feuille de route s’accompagnera de discussions constructives avec les corps intermédiaires de ce pays. Dialogue dont la FNPL veut être partie prenante.

En France, il est habituel pour tout nouveau gouvernement de bénéficier de 100 jours d’état de grâce dans l’opinion pour laquelle tout semble encore possible.

Syndicaliste de terrain depuis plus de 30 ans et président du premier syndicat laitier français (FNPL), j’ai aujourd’hui le devoir d’avertir le nouveau Président de la république : les éleveurs laitiers ne vont pas lui accorder 100 jours d’état de grâce car ils n’en ont plus les moyens ! Cela fait 850 jours – la moitié d’un quinquennat - que les producteurs de lait français subissent une crise laitière inédite par sa durée et son intensité. C’est long. Trop long.

Cette année 2017 est celle de tous les dangers pour les éleveurs laitiers qui ne sont plus dans le modèle social français, tout en participant par leur activité à sa pérennité.

Je refuse d’admettre que cette crise, qui n’en finit pas, soit considérée par certains de nos interlocuteurs politiques ou économiques comme un passage obligé de la compétitivité, faux nez d’un libéralisme qui détruit le monde de l’élevage. Ce n’est pas en sacrifiant de trop nombreux éleveurs laitiers obligés de mettre la clé sous la porte que l’on permet à ceux qui restent d’être plus compétitifs !

Cette situation est simplement :

Insupportable pour les 65 000 producteurs de lait français dont le savoir-faire est pourtant reconnu et apprécié par le consommateur en France et hors de nos frontières. Un tiers d’entre nous - en travaillant à plein temps - gagne moins de 350 euros par mois depuis la crise.

Injuste car cette crise met les producteurs de lait européens en concurrence entre eux. L’Europe agricole est à plusieurs vitesses. On le constate ; les paramètres sociaux, les dispositions fiscales et la typologie des exploitations laitières sont loin d’être comparables au sein des 27 états membres. Notre marché intérieur français se caractérise par une très bonne valorisation de nos produits laitiers, particulièrement en 2016, grâce à l’impact de la charte laitière de valeurs initiée par la FNPL. En ce début 2017, force est de constater que les acteurs de l’aval français (entreprises et distributeurs) rechignent à répercuter ces leviers de performance sur le prix du lait payé aux producteurs.

Dangereuse pour notre société qui voit la précarité atteindre ceux qui produisent sa nourriture au plus près des lieux de consommation. Je refuse que la France, cinquième puissance mondiale, laisse les entrepreneurs que nous sommes vendre structurellement en dessous de nos coûts de production.

Dévastatrice pour notre ruralité car les éleveurs laitiers par leur activé participent à la réussite
de nos territoires au coeur de nos campagnes. Chaque ferme laitière est fortement pourvoyeuse
d’emplois directs ou induits et contribue ainsi à la vitalité de nos zones rurales.

Préoccupante pour nos consommateurs qui s’orientent de plus en plus vers une alimentation
engagée. Leur choix de consommation est en phase avec notre modèle laitier français non
«délocalisable». Nos exploitations agricoles sont à taille humaine, diverses, en adéquation avec
nos territoires.

Pénalisante pour la filière laitière française. Riche de ses 3,7 milliards de balance commerciale,
elle ne peut durablement se développer si le maillon de la production s’appauvrit. Les
agriculteurs doivent reconquérir leur vraie place dans la chaine alimentaire en France et à
l’échelle de l’Europe.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas pour moi de défendre une corporation. Mon objectif est
d’attirer l’attention du nouveau président de la France… aux 1000 fromages. Cette crise laitière
est un séisme qui ne touche pas les seuls producteurs de lait. Ses ondes de choc ont de terribles
conséquences : pour les Français en tant que citoyens-consommateurs ainsi que pour
l’économie française ouverte sur l’Europe et le monde, pour la plus grande satisfaction de tous
les amateurs de nos produits laitiers.

C’est pourquoi, je réclame un plan pour l’élevage laitier français. Sa mise en place, pour ce qui
est de sa déclinaison immédiate, ne peut attendre 100 jours. Ce plan doit s’inscrire à l’agenda
agricole du nouveau gouvernement en cohérence avec les chantiers déjà programmés et ainsi
conforter l’ambition affichée d’Emmanuel Macron d’être le candidat du prix payé aux
agriculteurs. Je veux croire qu’il sera le président du prix payé aux producteurs de lait.

Je crois aux élans réformateurs de progrès et d’espoir.

Je crois en la dynamique laitière française à condition qu’elle soit au service de tous les acteurs
de la filière.

Thierry Roquefeuil, Président de la FNPL

   

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