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Bien être animal : élever des lapins sans cage ? C’est possible !

Aurélien Teneze
Le 13/06/2019 à 16:07 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
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Bien être animal : élever des lapins sans cage ? C’est possible !
©LoireAtlantiqueagricole

Les trois principaux acteurs de la filière lapin, CPLB, Terrena, et Loeul et Piriot, s’engagent dans ce nouveau mode d’élevage.

Mercredi 5 juin, trois acteurs principaux de la filière lapin ont  présenté un nouveau mode d’élevage, sans cage. La thématique du bien-être animal prend de plus en plus d’importance, chez les consommateurs et chez les distributeurs. Les cages sont souvent « dans leur viseur ». Avec le concept 'Lapin et bien', les éleveurs et les  industriels ont trouvé une solution qui satisfait toutes les parties prenantes de la filière. 

« Un mode d’élevage en rupture avec l’élevage conventionnel », selon la filière. « Une avancée que nous n’aurions pas cru voir de notre vivant » selon les responsables de CIWF, une association de défense des animaux de type Welfariste (qui ne milite pas contre l’élevage, mais contre certaines pratiques, comme les cages justement). « Un moyen d’avancer dans notre métier », selon les éleveurs vendéens Didier et Claudie Guinaudeau  qui testent depuis près d’un an, un nouveau mode d’élevage du lapin, en parcs.

Une grande annonce pour la filière

Le secret avait été bien gardé, mais lors d’un événement réunissant à Paris les principaux opérateurs de la filière lapin, la presse, la distribution et des élus, ce nouveau mode d’élevage des lapins, sans cages, a été présenté officiellement. Une marque Lapin et bien permettra de l’identifier. Sortie prévue des premières barquettes : début 2020. « Ce n’est pas tous les jours qu’une filière fait ce genre d’annonce », présente Christophe Rousseau, directeur des achats vifs chez Loeul et Piriot, le principal abatteur de lapins en France. Les trois principaux acteurs de la filière lapin, le groupement lapin de la Cavac (CPLB), celui de Terrena, et Loeul et Piriot, s’engagent dans ce nouveau mode d’élevage, sans cage, en adéquation avec les demandes des consommateurs et de la grande distribution, mais restant compatible avec une organisation de filière industrielle.

La genèse

Depuis plusieurs années, les groupements de Cavac et de Terrena travaillaient, chacun de leur côté, sur des modes d’élevages améliorant le bien-être du lapin. En 2017, ils décident de créer ensemble une association, « Eleveurs et bien », en y intégrant Loeul et Piriot, leur abatteur commun, leader et fin connaisseur du marché, pour travailler sur cette question. « Nous avons pris les meilleurs éléments issus de nos expériences», confie Pierre Dupont, le responsable de CPLB.  Les deux premières installations issues de cette mise en commun ont été faites chez deux éleveurs de la Cavac : d’abord chez Jean-Marie Orseau, à Angles, chez qui le concept a été mis au point, puis chez Didier et Claudie Guinaudeau, à L’Hermenault. Ces derniers devaient changer les cages d’un de leurs deux bâtiments d’engraissement de 2500 lapins. Lorsque Pierre Dupont leur parle du projet, ils s’y lancent, curieux et sans a priori, « avec l’envie d’avancer ».

Le même nombre de lapins

La structure globale de leur bâtiment, charpente et fosses, reste la même. En revanche, exit les rangées de vieilles cages : elles sont remplacées par une dizaine d’enclos, dont le sol est constitué d’un caillebotis en PVC recyclé, robuste et facile à entretenir.  Chaque enclos comprend des refuges surélevés à deux étages, qui offrent aux lapins une aire de repos ou de mise à l’abri, deux grandes mangeoires rondes faciles d’accès par l’ensemble des lapins et des pipettes d’eau. Le cahier des charges Lapin et bien comprend aussi une attention à l’éclairage (chez les Guinaudeau, il est à LED, avec effet jour/nuit), une alimentation comprenant des Omega 3 (Blanc bleu cœur) et une ventilation très pointue, adaptée à l’âge des animaux et à la température extérieure.

Pas de compétition et d'agressivité

Les lapins arrivent dans le parc dès leur sevrage. « Ils sont un peu perdus pendant un à deux jours et restent tous ensemble », constate Claudie, « mais très vite, ils gambadent partout. On n’observe pas d’agressivité, car ils ont toujours de quoi fuir ou se cacher ».  En moyenne, les lapins passent 35 jours dans ces parcs d’engraissement.

'Faire du beau lapin'

Pour l’éleveuse, l’objectif reste le même qu’avec ses anciennes cages « faire du beau lapin ». Après 6 bandes réalisées avec ce nouveau dispositif, les performances techniques restent bonnes, du même ordre qu’avec l’ancien système. En revanche, ce qui a changé, c’est « son regard » sur les animaux : il est toujours aussi affuté, mais il est « au milieu d’eux, c’est agréable ».

Les ambitions des promoteurs de Lapin et bien sont considérables : lancer la marque avec une dizaine d’éleveurs en 2020, mais engager 25 % de leurs producteurs dès 2025. La promotion du bien-être animal s’accompagne d’une volonté de transparence sur la répartition des marges de ce produit, qui sera un peu plus cher que le lapin classique. Un véritable pari pour une filière confrontée à une baisse de consommation. Et peut-être aussi une forme de clairvoyance : « si jamais un jour, une législation européenne venait à interdire les cages, nous serions prêts ».





 

   

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